Prévention et prise en charge du VIH en RDCongo

En République Démocratique du Congo, l’épidémie de VIH est de type généralisé avec une prévalence au sein de la population générale estimée à 1,2% (EDS II, 2013 – 2014). Bien que des avancées significatives ont été enregistrées dans différents domaines de la riposte nationale, les progrès semblent stagner sinon en phase de régression en ce qui concerne les adolescents et les jeunes.

La population de la RDC se caractérise par son extrême jeunesse. En effet, la proportion générale est estimée à 69,3 millions en 2014 avec une proportion de 61% des personnes de moins de 20 ans dont 23 % sont âgées de 10 à 19 ans. La majorité d’adolescents entretient des rapports sexuels précoces et non protégés. Environ 65% d’adolescents âgés de 15-19 ans ont déjà eu leurs premiers rapports sexuels dont 22 % avant l’âge de 15 ans. L’âge médian des premiers rapports sexuels étant estimé à 17 ans.

Chaque année, plus d’un adolescent sur 20 contracte une infection sexuellement transmissible (IST) guérissable (11,7 % chez les filles et 9,2% chez les garçons). La prévalence du VIH chez les adolescents de 10 à 19 ans en RD Congo est de 0.5%. Cette prévalence est 3 à 4 fois plus élevée chez la fille (0.7%) que chez le garçon (0.2%).

Les interventions de prévention et de prise en charge du VIH sont axées sur la population générale et visent faiblement les adolescents. Les adolescents de 10 à 19 ans ont de faible et insuffisant niveau de connaissances sur les stratégies et moyens de prévention contre l’infection à VIH. Plus de 57 % d’adolescents de 10 à 19 ans ne possèdent pas une information correcte sur les moyens de prévention contre l’infection à VIH et 94,5% d’adolescents sexuellement actifs âgés de 15 à 19 ans ne connaissent pas leur statut sérologique du VIH.

Le VIH chez les adolescents a des conséquences sanitaires majeures. L’infection à VIH non diagnostiquée et non traitée chez les adolescents est responsable d’une forte mortalité Pour les adolescents exposés à un risque élevé d’infection à VIH, la prophylaxie préexposition doit être proposée avec l’ensemble d’interventions. Concernant le traitement et les soins, il a été démontré que la suppression de la charge virale moyennant l’instauration précoce du traitement antirétroviral chez les personnes vivant avec le VIH avait pour effet de réduire les taux de transmission sexuelle du VIH et les événements cliniques. Des interventions de santé mentale doivent enfin être incluses dans l’ensemble des services de soins pour toutes les personnes vivant avec le VIH, notamment les adolescents. L’intégration ou la mise en relation avec les services de santé mentale est recommandée là où des infrastructures de soins de santé et des personnels qualifiés sont disponibles.

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